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Le Noir & Blanc : Absence de couleurs ou somme de toutes ?

Mis à jour : 13 juin 2018

Du temps de l’argentique, le N&B avait une connotation initiatique, puis au fil de la pratique plus aristocratique. Il était l’apanage des photographes experts et passionnés qui possédaient souvent leur propre labo.

Aujourd’hui, avec le numérique, le N&B peut être pratiqué par presque tous, surtout et étrangement les plus jeunes ! Bien-sûr, bon nombre de ces nouveaux convertis au N&B ont commencé à se dire : puisque dans cette image il n’y a pas de belles couleurs, pourquoi ne pas essayer de la convertir en N&B ?

Et puis, bien vite, ils ont compris qu’ils faisaient fausse route : une photo N&B n’est pas une photo couleur privée de ses teintes vives. C’est un autre langage visuel où l’on perçoit des contrastes et des densités, une géométrie, une répartition des masse et volumes dans l'espace proposé par l'image, au lieu de zones rouges, vertes ou bleues. En se « passant » des couleurs perçues par notre œil, l’image en N&B favorise l’interprétation et accentue l'aspect poétique.

Alors, existe-t-il une démarche fondamentalement différente entre la photographie couleur ou N&B ? Se comporte-t-on autrement (cadrage, composition, angle, exposition, etc.) dans une situation ou l’autre ?

S’intéresser au N&B, et en débusquer les enjeux inconscients, c’est en réalité agiter toutes ces notions techniques, artistiques et parfois politiques.

C’est aussi, s’interroger sur la spécificité du medium photo et sur celle de la notion de « réalité ». Qu’est-il, et comment la représenter ?

Alberto Moravia a écrit à ce sujet une phrase mystérieuse, souvent citée :

« La réalité est en couleur, mais le N&B est plus réaliste ».

A chacun d’interpréter cette proposition en pleine ambiguïté - et subjectivité parfois !

N’hésitez pas à donner votre opinion.

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J’en serais ravi.

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